LE LIVRE SUR LA PLACE À NANCY LES 9, 10 ET 11 SEPTEMBRE 2016

James Ellroy l’auteur mythique du Dalhia Noir se prêtera au jeu des questions-réponses avec le journaliste et écrivain Christophe Ono-Dit-Biot. Il évoquera notamment Perfidia, premier tome de son second Quatuor de Los Angeles, paru l’année dernière aux éditions Rivages/Thriller.

Ce n’est un secret pour personne : le meurtre non-élucidé de la mère de James Ellroy est la pierre angulaire de l’immense fresque historico-romancée de Los Angeles qu’il poursuit depuis trente ans. Provocateur, excessif, réac’, l’homme peut déplaire mais sa personnalité et son parcours hors-norme se confondent avec son œuvre ambitieuse. Au tournant des années 2000, il avait pourtant promis qu’on ne l’y reprendrait plus, il n’écrirait plus un mot sur ce lieu maudit. Il avait même quitté un temps la Cité des Anges mais cette fuite en avant ne pouvait durer. L’écrivain est pétri de cette ville, de son histoire. Ellroy replonge à nouveau avec une énergie enragée dans les entrailles de ce lieu marqué au fer rouge par la corruption, le profit, le vice et tout ce que l’homme renferme de plus pourri au fond de son âme.

Son 14ème roman Perfidia s’offre comme un prélude au premier Quatuor (Le Dahlia Noir, Le grand Nulle part, L.A. Confidential, White Jazz). On renoue avec quelques-uns de ses personnages, notamment Dudley Smith et l’énigmatique Kay Lake qui obsède son créateur au point qu’il dit en être fou amoureux. Le roman s’ouvre sur le 6 décembre 1941, à la veille de l’attaque de Pearl Harbour. Les États-Unis sont sur le point de s’engager dans la Seconde guerre mondiale, la tension politico-sociale est à son comble. Il ne fait pas bon vivre à L.A. lorsque l’on est japonais, juif, noir ou communiste. Une famille japonaise est retrouvée morte à son domicile. A priori un seppuku. À moins qu’il ne s’agisse d’un meurtre.

Comme dans les précédents opus, Ellroy mêle fiction et réalité, peignant une toile plus vraie que nature du Los Angeles des années 1940. « Plaintif, mélancolique, ce roman plonge dans la trahison morale de l’Amérique au début de la Seconde Guerre mondiale, avec l’internement de ses citoyens d’origine japonaise », dixit le Dog. 

Vendredi 9 septembre à 16h30 à l’Hôtel de Ville
Entretien avec Christophe Ono-Dit-Biot suivi d’une séance de dédicaces.