Philosophe et auteur de romans prolifiques, Thierry Berlanda revient avec Naija, aux éditions du Rocher, un thriller qui vire au roman d’espionnage sur fond de manipulation scientifique et industrielle à grande échelle, à coups de barbouzes et nanotechnologies.

« Peu de moyen, tous pouvoirs ». Cette courte phrase traverse tout le roman et trace la ligne de conduite à suivre dans cet univers où l’éthique, le respect de la vie et la justice en bonne et due forme n’ont pas leur mot à dire. Le duo de personnages principaux n’a rien de conventionnel : en lieu et place des habituels enquêteurs plus ou moins excentriques ou abîmés par la vie que l’on croise d’habitude, l’auteur nous balance Jacques Salmon et Justine Barcella, deux barbouzes qui forment à eux seuls l’unité spéciale Titan chargée de faire disparaître les criminels sur lesquels ils enquêtent.

Leur chasse à l’homme débute en France, plus précisément dans une bétaillère où un gros bonnet de l’industrie agroalimentaire est retrouvé affreusement torturé. Salmon et Barcella se lancent sur la piste de trois tueuses qui va les mener jusqu’à Lagos au Nigéria, une cité tentaculaire, sans foi ni loi. Trafic d’organes, manipulations génétiques, nanotechnologies, les deux agents plongent dans un puits dont ils sont loin d’apercevoir le fond. Un journaliste qui enquête sur les « exploits » de Titan va encore mettre de l’huile sur le feu.

Thierry Berlanda nous donne l’illusion de percer les mystères de la République. Le scénario est si crédible, le style si authentique que l’on si croirait vraiment. Il nous plonge dans une ambiance « révélation des secrets des dieux ». Mais la curiosité n’aura d’égal que le dégoût pour ce monde cynique : mensonges, corruption, injustice, meurtre, torture au prix de quoi je vous le demande ? Le pouvoir évidemment. Rien de nouveau sous le soleil. Naija dégage un léger parfum complotiste qui n’est pas sans rappeler l’odeur âcre des affaires qui empestent l’actualité et l’histoire de ces dernières décennies.