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Avec Dans les cordes, un album plein de chaleur aux textes ciselés, le chanteur et guitariste messin Dom Colmé livre une ode à l’amour sous toutes ses formes, qui nous lie ensemble pour le meilleur et pour le pire. Le point d’équilibre d’une longue carrière.

Lorsque Dom Colmé fredonne ses nouveaux textes, il semble savourer chaque mot. C’est qu’il peut être heureux de ce troisième opus : dix belles chansons au compteur de Dans les cordes, là où Terrain d’ébène et J’irai n’en comptaient que quatre. Il faut dire qu’il a trouvé la perle rare en la personne de Marie Demesmay, l’auteure de huit des textes. Mais laissons l’histoire récente de côté un moment pour profiler rapidement notre artiste. Sur la pochette de Dans les cordes, on le voit prêt au combat, avec la détermination du boxeur prêt à monter sur le ring. Une image qui contraste avec le tempérament paisible du personnage, sa musique chaloupée, poétique, ses textes où affleurent des sentiments divers mais respirant toujours une certaine sérénité. Il n’a pourtant pas toujours abordé la musique ainsi : entré au Conservatoire à sept ans, il devient un crack de la clarinette, multipliant les prix. Pourtant il garde un très mauvais souvenir de ces années-là : « On trimait, c’était la fin des années 70, encore la vieille école, raconte-t-il. Un jour, je me suis dit : « qu’est-ce que je fous là ? » et je suis parti. »

Au début des années 80, avec Stéphane Glanois, son fidèle bassiste, il joue ses premiers concerts, écoute Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. « C’était comme si on avait tendu l’élastique pendant des années et que le temps était venu de le lâcher ! » sourit Dom Colmé. Il s’illustrera sur les scènes de France et de Navarre au sein du groupe Salomé avant de se lancer en solo en 1997, continuant à arpenter les scènes, collectionnant les souvenirs mémorables avec les premières parties de Mano Solo, FFF, les Rita Mitsuko, Cali,  Bertignac ou Jacques Higelin alias « le cajun ». « Je l’adore, c’est le seul en France qui a su lier toutes ces musiques que l’on croise à la Nouvelle-Orléans, mon idéal musical. » Car Dom Colmé a de nombreux amours : la funk, la soul, les musiques afro-caribéennes… des ingrédients que l’on retrouve dans sa musique, tout naturellement et sans excès. « J’aime quand ça groove, mais une poésie en français peut souffrir de vouloir être trop funky ; il faut trouver une autre voie » prévient-il, citant quelques-uns de ses modèles comme Laurent Voulzy, Alain Souchon ou de l’autre côté de l’Atlantique, Ben Harper.

Aujourd’hui, celui qui regrettait de ne pas s’être suffisamment investi dans le travail en studio a enregistré Dans les cordes chez Julien Lebart, clavier et arrangeur de Cali, pour mieux « trouver l’équilibre, la bonne vitesse : je sens qu’aujourd’hui, je suis juste dans ce que je fais, dans mon interprétation. » Enregistré en conditions du live pour préserver « la spontanéité, la souplesse, l’humanité », le dernier opus de Dom Colmé doit donc une partie de son intensité au talent de l’auteure Marie Demesmay, qui travaille pour la première fois avec un chanteur. « Quand j’ai lu ses premières versions, il y avait des fulgurances incroyables, raconte l’interprète. Mais le plus fort, ça a été sa capacité à bosser pour les finaliser : comme Alain Bashung, j’ai tendance à découper les textes en morceaux pour demander aux auteurs de retravailler autour de ces petits totems, qui symbolisent tout ce que je veux dire dans une chanson. » Ces « gimmicks » peuplent tout l’album, des vers revenant inlassablement autour desquels tout s’articule au sein d’une poésie qui joue avec les mots. Sur Dans les cordes, où les relations amoureuses, filiales, sont des liens qui se resserrent et se distendent à l’envi, ils forment la colonne vertébrale d’un album aussi solide que sensible.

Le 10 novembre au Café-culture le Gueulard à Nilvange,
le 8 décembre au festival Chansons mêlées à Ley/Maizières-les-Vic,
le 11 janvier au Centre culturel Pablo Picasso à Homécourt.
Album disponible sur : dom-colme.com