On a parfois la dent un peu dure envers la capitale hellénique, qui souffre souvent de la comparaison avec ses îles prestigieuses. Ville chargée d’histoire, Athènes ne laisse pourtant pas indifférent, de ses quartiers pittoresques et animés à ses plats typiques que l’on déguste en tête à tête avec la mer, entre passé et présent.
Six dogs Athènes (© 123RF)

Le Six Dogs, au cœur du centre historique, dont le jardin conçu comme une mini forêt, avec hamacs et sièges en bois, a fait la réputation de cette place oscillant entre rock et electro.

On ne va pas se mentir : Athènes n’est pas Venise, Paris ou Cracovie. La capitale grecque divise. Sale, polluée, au bord de l’asphyxie… grinceront ses détracteurs. De là à vouloir vendre la peau du Minotaure avant de l’avoir tué, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Berceau de la démocratie, où, ironie du sort, la dictature s’est frayée un chemin durant un septennat (1967-1974), la ville de Socrate, Platon et Aristote reste fascinante quoi qu’on en dise. Sur un plan historique, il n’y a pas photo. Les monuments pullulent. Dans ce registre, l’Acropole fait figure de totem et la visite du musée afférent est vivement conseillée pour faire plus ample connaissance, au même titre que le musée archéologique national, sorte de Louvre grec, où l’on peut entre autres admirer le masque d’Agamemnon.

Des musées, Athènes en regorge, une cinquantaine au total, dont le musée Benaki, de la guerre ou de la musique pour en citer d’autres… À noter que depuis les JO de 2004, un vaste réseau piétons permet de se rendre d’un site archéologique à l’autre, dont le théâtre d’Hérode Atticus, cadre de nombreux événements culturels, ce qui rend la visite plus agréable. Si la fatigue ou le besoin de fraîcheur (surtout en été, étouffant dans cette agglomération) se fait sentir, le Jardin national constitue une halte toute indiquée. Proche du Parlement – où la relève de la garde, lente et complexe, fait toujours le bonheur des touristes – cet oasis de 15 ha concentre une belle quantité de plantes luxuriantes. Un bémol : le site est fermé la nuit. Les plages feront aussi le plus grand bien. Les plus connues se nomment Kalamaki, Glyfada, Varkiza et Vouliagmeni, pour ne citer qu’elles…

Derrière les ruines et le passé, la cité grouille d’une autre vie, moderne, pittoresque, où une multitude de bars et de restaurants s’animent à la nuit tombée. La rue commerciale Ermou est un classique pour les férus de shopping, mais c’est aussi l’occasion d’aller admirer l’église byzantine Kapnikarea (11ème siècle). Athènes se montrera charmante si on prend le temps de la découvrir.

Ses quartiers restent un bon moyen d’en ressentir les composantes : le très populaire Plaka (fréquenté par les touristes principalement), mais aussi le quartier Thissio, un des plus anciens, où la colline de Philopappos offre une des plus belles vues sur la ville et l’Acropole, notamment la nuit. La place Monastikari, avec son marché aux puces vintage et rétro, véritable caverne dAli Baba, la place Kolonaki, très chic, cocon de l’élite athénienne, le quartier Kastella, un des plus beaux du Pirée, avec ses terrasses qui sont autant de balcons sur le golfe Saronique, mais aussi le port de Mikrolimano, avec son chapelet de tavernes de poissons (ambiance garantie !), sont d’autres endroits où crépite la vie locale.

Historique, culturelle et gourmande (sa cuisine méditerranéenne est riche est variée), Athènes se révèle parfois insolite. Les amateurs de street art iront ainsi se promener dans les quartiers Metaxourgeio et Exarchia, haut lieu de l’esprit underground. Dans le genre alternatif, la Coopérative Booze vaut franchement le détour, tout comme le Six Dogs, au cœur du centre historique, dont le jardin conçu comme une mini forêt, avec hamacs et sièges en bois, a fait la réputation de cette place oscillant entre rock et électro.

(Photos : © 123RF)

L’ACROPOLE EN TRAVAUX

x-acropole Athènes (© 132RF)Emblème de la civilisation occidentale et site le plus visité de Grèce, l’Acropole d’Athènes fait l’objet d’un immense chantier de restauration et de conservation placé sous l’égide d’un service spécifique. Lancés il y a 40 ans, ces travaux n’ont pas souffert de la crise économique qui afflige le pays depuis 2010, même si, faut-il le rappeler, la majeure partie des dépenses est absorbée par l’Union européenne. Depuis, ce plateau rocheux surplombant la ville a dû composer avec les échafaudages et les bruits d’engins de toutes sortes, au grand dam des touristes venus immortaliser ce passage obligé au pays de Socrate, à l’instar de la tour Eiffel à Paris.

Les rénovations concernent notamment l’imposant et célèbre Parthénon, champion des cartes postales, dont les principales rénovations ont été achevées en 2015. D’autres parties du monument sont encore convalescentes et s’apprêtent elles aussi à passer sous le bistouri des toubibs du patrimoine. Plus précisément le fronton ouest, dont les marbres ont beaucoup souffert et qui devraient avoir meilleure mine après une cure de jouvence évaluée à un an et demi. L’ensemble des travaux prévus sur ce site datant du Vème siècle avant notre ère doivent quant à eux être achevés en 2020.

Rappelons que l’Acropole abrite plusieurs édifices, dont les temples du Parthénon, d’Athéna Niké et d’Érechthéion, ainsi que les Propylées, qui constituent l’entrée principale de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.