« Tout est bon dans le cochon ! ». Ce vieil adage populaire a visiblement inspiré Abdelkader Djemaï pour son dernier ouvrage Histoire de cochon, paru aux éditions Michalon. L’auteur s’y positionne comme l’avocat du diable, le cochon ayant toujours été considéré par les religions monothéistes comme un représentant du Tentateur sur Terre à cause de ses pieds fourchus.
histoire-de-cochon (© 123RF)

L’écrivain né à Oran, en Algérie, il y a 66 ans confie avoir commencé très tôt à prêter attention à cet animal que Zohra, sa grand-mère paternelle, appelait « halouff ». Quarante ans plus tard, il fera plus amplement connaissance avec la bête, en Bigorre, où on la tue lors de la « Saint-Cochon, une fête qui continue de réunir, dans les fermes et les villages français, les familles et leurs invités ». Cet ouvrage reprend les différentes races du Sus scrofia domesticus : le Noir de Bigorre, le Pie Noir du Pays basque, le Corse, le cul noir limousin, le Landrace ou encore le Large White, race la plus répandue. Abdelkader Djemaï nous apprend notamment que le « vulgaire » cochon rose n’est en fait que le résultat d’un « croisement, il y a trois siècles, de races européennes avec des Asiatiques ».

Les Chinois le vénèrent et le trouvent « honnête, galant, sensible, et joyeux compagnon »

International, le cochon est la viande la plus consommée au monde sous forme de saucisses, saucissons, andouillettes, côtelettes, jambons, charcuteries et autres cochonnailles. Les Chinois le vénèrent et le trouvent « honnête, galant, sensible, et joyeux compagnon ». Des musées lui sont consacrés, à Chambonas en Ardèche et à Stuttgart en Allemagne, notamment. Le cochon a même droit à ses concours au cours desquels les candidats s’époumonent pour reproduire son fameux cri. D’humour, ce livre ponctué d’anecdotes savoureuses récoltées au gré des pérégrinations de l’auteur, n’en manque assurément pas. Cela dit pour pleinement le « goûter » mieux vaut faire preuve d’attention car la lecture est parfois duraille, l’auteur invitant le lecteur à passer régulièrement du coq à l’âne. Cela dit si l’ambition d’Abdelkader Djemaï était de bouleverser les préjugés sur cet animal dont le sacrifice est fait pour le bien de l’humanité, c’est réussi.