(Les initiatives se multiplient dans le milieu scolaire pour développer l’apprentissage de l’allemand dès le plus jeune âge. © DR)

La carte SESAM’GR

« Offrir aux jeunes dès le plus jeune âge, les compétences-clés pour vivre, évoluer et travailler dans une Grande Région Transfrontalière attractive et compétitive ». C’est la mission poursuivie par le projet transfrontalier SESAM’GR dont le chef de file est le Département de la Moselle.

Pour ce faire, différentes actions sont développées en direction de l’ensemble de la communauté éducative autour de trois axes : renforcer les parcours plurilingues de la maternelle au collège, favoriser les compétences interculturelles afin de promouvoir une citoyenneté partagée, enfin, préparer les jeunes, futurs actifs aux perspectives professionnelles de la Grande Région.

Concrètement, cela se traduit par de la formation, de la co-construction de concepts ou bien encore des rencontres et des échanges, des stages, des découvertes d’entreprise. Dans le cadre de SESAM’GR , les communes employant des assistants éducatifs bénéficient également d’un financement européen à hauteur de 4 500 €/an maximum par poste, en plus du cofinancement octroyé par le Département de la Moselle. Ce projet d’une durée de 3 ans (septembre 2016 – août 2019) implique vingt partenaires des quatre pays représentés au sein de la Grande Région. Un peu plus de 7,2 millions d’euros sont investis dans l’opération dont 2,16 millions par la Moselle cofinancés à hauteur de 60% par le programme européen INTERREG VA.


L’école élémentaire du Creutzberg à Forbach

Marie-Kathrin Riotte (©DR)

« J’exerce ce métier avec tout mon cœur et je me réjouis toujours de voir et découvrir les progrès des enfants, pas seulement en classe, mais aussi quand ils se donnent la peine de parler allemand avec moi durant les récréations ou dans les couloirs de l’école », souligne Marie-Kathrin Riotte, qui est l’une des 30 assistants de langue allemande actifs dans les écoles maternelles et élémentaires de Moselle.

Intervenant à l’école élémentaire du Creutzberg à Forbach, auprès d’élèves du CP au CM2, son rôle consiste, avant tout, à dialoguer avec les élèves afin de favoriser leur expression orale. « J’interviens surtout en arts plastiques, en musique et en sport. Je ne parle alors que dans ma langue. Les enfants me répondent en allemand s’ils s’en sentent capables, sinon, ils me répondent en français et je les relance dans ma langue maternelle », précise-t-elle. L’accent est également mis sur la connaissance de l’Allemagne. « Je leur présente nos coutumes et notre culture afin qu’ils soient capables, plus tard, de communiquer, de travailler et de pleinement vivre le transfrontalier franco-allemand », souligne Marie-Kathrin.

En 2016, 3 400 élèves ont bénéficié de cet enseignement original.


Michael Fuchs : « Mon fils sera au moins bilingue, c’est certain »

Michael Fuchs (© DR)

« J’ai pris l’habitude de parler avec mon fils de 16 mois en français et en allemand afin qu’il se fasse l’oreille. Quand il sera plus grand, il ira dans une école bilingue, certainement à Creutzwald car les programmes et les dispositifs sont bien pensés. Mon fils sera au moins bilingue, c’est certain », souligne Michael Fuchs, 33 ans, qui parle français et allemand (anglais aussi) depuis son plus jeune âge.

« Je suis originaire de Betting. Compte tenu de la proximité avec l’Allemagne, parler allemand est presqu’une nécessité. Et tant mieux car le fait d’être bilingue offre beaucoup plus d’opportunités », souligne Michael qui travaille aujourd’hui comme chargé de mission à la Communauté de communes Warndt Creutzwald où il est en charge du développement économique (notamment de la zone d’activité Warndt Park) mais également d’une partie de la communication.

« Je suis très attaché à mon territoire et il était important pour moi de pouvoir mettre mes compétences au service de son développement, dans une dimension transfrontalière » précise le trentenaire qui a fait ses études au Lycée Franco-Allemand de Sarrebruck et à l’Isfates (Institut supérieur franco-allemand de techniques, d’économie et de sciences).

Avant de rejoindre la Communauté, il a exercé ses talents en France, au Luxembourg et en Allemagne. « Comme tous les jeunes, j’ai eu un peu de mal à débuter ma vie professionnelle car je n’avais pas d’expérience. Mais cette expérience acquise, je n’ai eu ensuite aucunes difficultés à trouver des emplois, le fait de maîtriser plusieurs langues est un formidable atout dans la Grande Région mais ailleurs aussi, certainement », conclut Michael.

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