Ode aux cinq sens, manuel de philosophie zen, carnet de voyages culinaire… les Rêveries du gourmet solitaire de Jiro Taniguchi, dix ans après la publication du premier volume chez Casterman, sont un peu tout cela à la fois.

Avec des titres comme Quartier lointain, L’Homme qui marche ou Furari, Jiro Taniguchi est l’un des mangakas les plus populaires dans l’Hexagone. Un succès dû en partie à la portée universelle de ses récits et à son trait précis et délicat où chaque case respire, qu’elle dépeigne un paysage du Japon médiéval ou une ruelle tokyoïte bardée de câbles électriques. Dans le Gourmet solitaire, Taniguchi nous invitait à suivre les pas de Gorô Inokashira, commercial entre deux âges sillonnant le Japon en véritable amoureux de la gastronomie, partageant des expériences culinaires parfois découvertes au fil de ses errances, et qui semblent souvent se situer sous le patronage de forces mystérieuses et bienveillantes… Les Rêveries du gourmet solitaire, second volume des aventures de cet attachant personnage (probablement l’auteur lui-même) nous emmène essentiellement au cœur de la capitale japonaise : sériole en teriyaki à Shôtô, râmen au porc et riz à Ôtemachi, cuisine péruvienne à Shinanomachi, ou une simple pizza dans une ruelle de Shimokitazawa… autant d’épisodes mettant en appétit l’estomac, mais aussi le cœur et l’âme. Car souvenez-vous : Inokashira est plus qu’un gourmand, c’est un gourmet ! Savourer un repas est pour lui tout un art de vivre, qui peut déclencher un arc-en-ciel de sensations et de sentiments, joie pure, étonnement, nostalgie, voire une frénésie qui le pousse à avoir les yeux plus gros que le ventre. Une promenade, la découverte d’un lieu où il trouvera tout le calme et la sérénité que ce solitaire recherche avant tout, le ravira même s’il ne s’agira que de déguster un simple bol de nouilles froides. Épicuriennes et pleines de sagesse, Les Rêveries curieuses et spirituelles du gourmet solitaire nous transportent à tous les coups.