SORTIE LE 19 JUIN

Un film sur Tolkien ? Il fallait oser, ou s’appeler Dome Karukoski pour s’attaquer à la vie du célèbre auteur du Seigneur des anneauxAvec le drame biographique Tolkien, le cinéaste finlandais signe une œuvre émouvante et soignée, bâtie sur une fraternité rappelant celle du Cercle des poètes disparus.

Le premier film hollywoodien du cinéaste finlandais Dome Karukoski s’attaque à une montagne nommée Tolkien, sur laquelle ont été gravées les initiales J.R.R., pour John Ronald Reuel. Oui, Tolkien, le père de la littérature fantastique moderne, auteur d’ouvrages mondialement connus comme Le Simarilllion, Le Hobbit, et bien entendu le Seigneur des anneaux, adapté au cinéma par Peter Jackson, dont le dernier volet avait tout raflé lors des Oscars de 2003 (lire ci-dessous).

La quête de Karukoski peut s’apparenter à celle de Frodon et de ses amis hobbits : le défi semble énorme. Pourtant, la fable inventée par le réalisateur de 42 ans est d’une réelle beauté. On se laisse vite embarquer par ce long-métrage sobre et sans ratures (trop classique diront certains), qui oscille entre réalité et imaginaire. Les scènes qui se déroulent dans le bourbier sanglant de la Somme, Il formera le Tea Club and Barrovian Society, une communauté d’amis, solide comme un chêne, qui sera fauchée sur le Vieux Continent.où Tolkien assistera aux horreurs de la Première Guerre mondiale dans son uniforme d’officier de l’armée britannique, sont particulièrement réussies. Elles permettent de mieux comprendre d’où est venue l’inspiration qui l’a amené à créer la Terre du Milieu. Un décor apocalyptique qui se transforme en Mordor dans les yeux d’un homme aux abois, où apparaît furtivement Sauron, le Seigneur des ténèbres, et où le feu craché par les lance-flammes ennemis a l’air sorti de la gueule d’un terrifiant dragon.

Karukoski a fait le pari d’aborder l’adolescence jusqu’aux premières années de la vie d’adulte de Tolkien, avec un passage par la prestigieuse université d’Oxford, où il étudiera la littérature classique avant d’épouser la philologie, matière taillée pour ce génie des langues, qui va même jusqu’à en inventer, initié dès son plus jeune âge à la mythologie scandinave par sa mère Mabel, morte prématurément. C’est à Oxford que cet orphelin confié au père Francis Morgan fera la connaissance de trois garçons de bonne famille, avec lesquels il formera le Tea Club and Barrovian Society (TCBC), une communauté d’amis, solide comme un chêne, qui sera fauchée sur le Vieux Continent. Cette amitié « envers et contre tout », thème que l’on retrouvera dans l’œuvre de Tolkien, n’est pas sans rappeler celle qui irriguait le Cercle des poètes disparus, chef d’œuvre de Peter Weir sorti en 1989. Engoncés dans une éducation rigide, les personnages du film de Karukoski ressentent eux aussi le besoin d’insuffler un peu d’audace dans leur vie formatée pour le prestige.

Et puis il y a l’amour, autre thème cher à Tolkien, qui apparaît dans ce drame biographique sous les traits de Lily Collins, dans la peau d’Édith Bratt, elle aussi orpheline, qui deviendra la femme du futur romancier, interprété par Nicholas Hoult (Mad Max : Fury Road, X-Men). Un choix qui s’est imposé pour le metteur en scène, qui l’avait vu jouer dans le film Sand Castle sur Netflix. « Quand on s’est rencontré, j’ai tout de suite su que ça devait être lui. Il est intelligent, espiègle et maladroit, comme l’était Tolkien », a notamment déclaré Karukoski, lui même grand amateur de son univers.                     


La saga continue

C’est désormais officiel : le Seigneur des anneaux aura droit à sa série télévisée, sous la bannière du géant Amazon, qui a raflé les droits télévisés de la saga culte – pour la coquette somme de 200 millions de dollars – au nez et à la barbe de Netflix et HBO. Le 13 février dernier, la multinationale avait publié une carte de la Terre du Milieu sur son compte Twitter, en prenant soin de distiller quelques indices qui avaient affolé le moulin à spéculations. Ce que l’on sait pour le moment, c’est que cette série prévue pour 2021 se déroulera durant le Second Age, période au cours de laquelle ont été créés les anneaux de pouvoir, soit au moins 3 000 ans avant les événements relatés dans la trilogie mise en scène par Peter Jackson, dont le dernier volet avait raflé 11 statuettes aux Oscars 2004, pour autant de nominations, égalant le record de Ben Hur et Titanic. Plusieurs saisons ont déjà été commandées par Amazon, avec, pour chacune d’entre elles, une facture s’élevant à 150 millions de dollars selon des estimations, ce qui en ferait une des séries TV les plus chères jamais réalisées.