Le feuilleton à rebondissements de l’Écotaxe, suspendu sine die le 9 octobre par la ministre de l’Écologie après une série de reculades du gouvernement, provoque un véritable tollé, tant chez les salariés mosellans d’Ecomouv’ que chez les écologistes français et les édiles lorrains.
écotaxe (© DR)

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Dès l’annonce fracassante de la ministre, Christian de Perthuis, le président du Comité pour la fiscalité écologique, a démissionné de ses fonctions. La fédération France nature environnement, la Fondation Nicolas Hulot, les verts ainsi que le député-maire de Bar-le-Duc en charge des questions d’écologie au groupe UDI, Bertrand Pancher, ont tous appuyé cette décision dans des déclarations peu amènes. Ce dernier a vertement critiqué « l’immobilisme et la léthargie de l’État [et son] manque de courage politique ». Jean-Luc Bohl, président de Metz-Métropole, (lire sa tribune dans nos pages) pour sa part admoneste vivement le gouvernement évoquant « une hécatombe environnementale et économique [et un] amateurisme qui fait régresser la France ». Il faut dire qu’à Metz, le report puis l’annulation de l’Ecotaxe a empêché la création de centaines d’emplois promis dans le cadre de la compensation des restructurations militaires et remet en cause la continuité de 157 postes déjà pourvus sur Metz-Frescaty à Ecomouv’. Les salariés, les syndicats, comme les élus ne cachent pas leur désarroi malgré les tentatives d’apaisement du préfet de Lorraine, Nacer Meddah. Nombreux sont les actuels salariés d’Ecomouv’ à avoir quitté leur précédent emploi pour des contrats que les différentes déclarations du gouvernement ont mis à mal, et si le préfet a assuré qu’un plan social n’était pas à l’ordre du jour, les salariés ont d’ores et déjà été avertis par leur direction que le versement de leurs salaires n’était garanti que pour les deux prochains mois. La Région Lorraine avait engagé 300 000 euros dans des actions de formations à destination des futurs salariés de la structure, mais depuis 2012, 40 CDD n’ont pas été reconduits, 60 stagiaires ont vu leur promesse d’embauche disparaître, 80 pré-sélectionnés pour les formations se sont retrouvés le bec dans l’eau et les salariés et douaniers nommés à Metz demeurent dans l’incertitude.
Rappelons qu’en outre, la suspension du dispositif doit, selon Bercy, coûter 173 millions cette année, son annulation et la rupture de contrat afférente pourrait se chiffrer, en plus du plan social à craindre, à près d’un milliard d’euros.