C’est la première fois qu’une alliance tripartite composée des socialistes, écologistes et libéraux dirige l’Allemagne. Malgré des projets ambitieux et innovants, les débuts de la coalition dite de feu tricolore sont placés sous le signe de la pandémie.

Un vent de renouveau souffle sur la politique allemande à quelques jours de l’élection – une simple formalité – de Olaf Scholz au poste de chancelier par le Bundestag. Après des semaines de négociations dans un climat plutôt serein et sans fuites dans la presse, les trois partis formant la coalition rouge (socio-démocrates), jaune (libéraux), verte (écologistes) ont réussi à se mettre d’accord sur un contrat de coalition qui entérine les grands axes de leur politique pour les années à venir. Chacun des trois partis a réussi à y faire figurer au moins une mesure phare de son programme de campagne. Le salaire minimum, cheval de bataille des socio-démocrates, passera à 12 euros de l’heure, une augmentation nette puisqu’il s’élève actuellement à 9,60 euros. Sur le plan de l’environnement, la date butoir pour l’abandon définitif du charbon a été avancée à de 2038 à 2030. Les Libéraux quant à eux ont ouvert la voie à la légalisation du cannabis qui pourra être non seulement consommé mais aussi vendu par des distributeurs agréés.

De plus, la coalition prévoit de réformer les procédures dans le domaine de l’immigration, en autorisant par exemple les demandeurs d’asile à travailler même si leur demande est encore en cours de traitement, et d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans contre 18 aujourd’hui. De gros investissements sont également annoncés dans le domaine du logement et de l’éducation. Mais avant même de pouvoir se lancer concrètement dans ces chantiers, la nouvelle coalition au pouvoir sera jugée dès les premières semaines de son mandat sur sa gestion de la pandémie. L’Allemagne faisant face à une quatrième vague plus puissante que les précédentes, les premières mesures du nouveau gouvernement risquent de concerner des restrictions dues à la crise sanitaire. L’état de grâce aura été de bien courte durée.