Annegret Kramp-Karrenbauer & Angela Merkel© DR

Nouveau pari risqué pour Annegret Kramp-Karrenbauer : l’ancienne Ministre-Présidente de la Sarre et actuelle présidente du parti conservateur CDU est entrée au gouvernement Merkel en tant que Ministre fédérale de la Défense.

Si l’on avait interrogé il y a deux ans des Allemands de toute la République, il y a fort à parier que seuls très peu d’entre eux auraient été en mesure de la situer politiquement, ni même de prononcer son nom correctement – ce dernier étant, il faut l’avouer, resté jusqu’à aujourd’hui la bête noire des journalistes qui lui préfèrent le diminutif AKK. En peu de temps, la Sarroise Annegret Kramp-Karrenbauer a gravi les échelons à vitesse grand V pour devenir aujourd’hui une figure de premier plan de la politique nationale allemande. Passée de Ministre-Présidente de la Sarre à secrétaire générale du plus grand parti allemand, la CDU, en début d’année 2018, elle en devient la présidente en décembre. Six mois plus tard, elle vient de faire son entrée au gouvernement fédéral sous Angela Merkel en tant que Ministre de la défense, succédant ainsi à Ursula von der Leyen elle-même sur le départ vers Bruxelles. S’il est évident qu’un poste ministériel était une évolution nécessaire dans le parcours d’AKK si elle souhaite devenir la future candidate de la CDU à la chancellerie – et donc potentiellement succéder à sa mentor Angela Merkel, prendre la tête des armées n’est pas forcément un cadeau. A ce poste, elle se doit de plaider l’augmentation des dépenses militaires pour atteindre les 2 % du PIB comme l’exigent l’OTAN et en particulier Donald Trump de ses partenaires européens. Une mesure plutôt impopulaire tout comme l’est également son premier succès à ce poste : la gratuité des trains pour les soldats en uniforme. Cette mesure plutôt symbolique bien accueillie par les troupes n’est en effet pas du goût du reste de la population qui y voit un favoritisme injustifié. De plus, ses adversaires politiques ont à cœur de rappeler son revirement de dernière minute, elle qui avait répété à maintes reprises avoir abandonné son poste de Ministre-Présidente pour se mettre au service du parti et n’avoir aucune intention d’entrer au gouvernement aura finalement cédé aux sirènes du pouvoir et cumule les deux fonctions. D’ici les prochaines élections législatives, il reste à AKK 2 ans pour prouver qu’elle est à la hauteur de ses ambitions.