Pour son premier roman, Le Silence d’Anaïs, aux éditions Chum, Dominique Nauroy a imaginé son intrigue dans le sillon mosellan qui l’a vu grandir. Sous la plume du journaliste, polar, aventure et passion amoureuse composent une partition poétique que l’on effeuille, page après page, avec délicatesse.

Paul est fasciné par Anaïs. La nymphette, gracieuse, animale, le pousse dans ses derniers retranchements. Les deux adolescents nouent une relation chimérique rapidement contrariée par les événements qui les contraignent à se séparer. Ils se retrouvent des années plus tard. Paul vient de quitter son job de journaliste, Anaïs a stoppé net sa carrière de mannequin et se retrouve aux prises avec des malfrats à la recherche d’un magot hypothétique planqué par son père dans leur demeure de Maricourt. C’est le moment ou jamais pour eux d’embrasser le destin. L’ange aux ailes froissées et « l’homme-qui-ne-s’est-pas–réalisé » puisent l’un en l’autre le courage de vivre. Aux côtés de Paul, l’icône évanescente laisse place à une femme impétueuse et prête à se réconcilier avec son passé tourmenté.

L’ironie subtile et l’art de l’anecdote donnent corps à l’intrigue. Inspiré par ses observations et son expérience, Dominique Nauroy décrit l’atmosphère d’une rédaction de presse et pointe l’âpreté du monde politique.

Les images poétiques s’égrènent au fil des chapitres mais si l’auteur joue avec les artifices de la passion, il n’en est pas dupe et le lecteur peut imaginer qu’il s’agace parfois de son personnage masculin, candide et pusillanime.

Dominique Nauroy est journaliste au Luxemburger Wort. Les lecteurs du cru reconnaitront sans peine les lieux évoqués, la commune de Jouy-aux-Arches, la BA 128, le centre Pompidou-Metz… Dans son roman, il laisse également parler ses nombreuses passions : la photo, les images, les mots, la musique qui joue un rôle essentiel dans l’intrigue. Personnage à part entière, elle déroule la trame de l’histoire telle une partition sur un piano.