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Patron d’une entreprise d’électricité, de chauffage et de sanitaire qui emploie 55 collaborateurs, Pascal Maguin est également le président de la Capeb Moselle. Courant juin, il se présentera pour un troisième mandat. 

Présentez-nous la Capeb Moselle, en quelques mots.

La Capeb est la « Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment ». Le mot « confédération » est important car si toutes les Capeb départementales font partie de cette organisation qui rayonne au niveau national, elles ont leurs propres statuts et sont autonomes. En Moselle, la Capeb compte environ 850 membres, des artisans travaillant seuls comme des PME employant 150 personnes. C’est la plus importante Capeb du Grand Est.

Quelles sont ses missions ?

La Capeb représente toutes les entreprises artisanales du bâtiment et défend leurs intérêts. L’organisation qui est née en 1946 a des racines syndicales qui aujourd’hui encore sont fortes. Mais elle a « En Moselle, la Capeb compte environ 850 membres, des artisans travaillant seuls comme des PME employant 150 personnes. C’est la plus importante Capeb du Grand Est. »également pour mission d’accompagner et d’aider ses membres à se développer. Pour ce faire, nous avons déployé toute une palette de services. Notre service juridique, qui est le plus sollicité, conseille et assiste les entreprises en cas de problème, pour un recouvrement, par exemple. Dans le domaine de la formation, nous conseillons, nous sélectionnons les formations les plus appropriées aux besoins, nous assurons le montage du dossier. L’ambition est vraiment d’apporter des réponses concrètes et personnalisées aux besoins et attentes de nos membres, au plus petit comme au plus grand. Pour assurer ces services, il faut savoir que la Capeb Moselle emploie une dizaine de collaborateurs, une équipe dirigée par Violaine Philippe qui est la secrétaire générale et directrice de notre organisation. Toujours au registre des services à valeur ajoutée, depuis quatre ans maintenant, nous développons un réseau de partenaires de proximité qui gravitent autour des métiers du bâtiment. Il est composé d’une cinquantaine d’entreprises, de banques, de compagnies d’assurance, entre autres. Ces partenaires permettent à nos membres de bénéficier de conditions privilégiées, comme des remises, sur l’achat d’un véhicule, des matériels et matériaux, des assurances… Une fois par an, nous organisons également un grand rendez-vous au cours duquel nous rassemblons près de 500 acteurs liés au monde du bâtiment avec pour ambition de conforter ce réseau et de favoriser les échanges. Cela permet notamment à un petit artisan d’entrer en relation avec de gros clients potentiels qu’il aurait du mal à rencontrer dans le cadre d’une prospection.

Ce réseau a été l’une des réponses apportées par la Capeb Moselle pour aider les entreprises à rebondir suite à la crise qui a fragilisé le bâtiment ?

Il est clair que les difficultés rencontrées il y a 4 ou 5 ans ont poussé les entreprises du secteur à se réorganiser, à développer de nouvelles façons de travailler. Et le réseau est aujourd’hui un outil incontournable en la matière.

Quels sont les gros dossiers sur lesquels vous travaillez ?

Spontanément, je citerais les hausses du carburant et la suppression envisagée de la TVA réduite qui est assimilée par le gouvernement à une niche fiscale alors que cela profite, avant tout, à nos « L’offre à 1 euro initiée par le gouvernement afin de permettre aux revenus modestes de changer de chaudière ou de pompe à chaleur nous mobilise. »clients particuliers. Au registre des gros dossiers, il en est un autre qui nous mobilise depuis plusieurs mois, c’est celui de l’offre à 1 euro initiée par le gouvernement afin de permettre aux revenus modestes de changer de chaudière ou de pompe à chaleur.

La démarche est louable. En quoi cela vous pose problème ?

Nous sommes, bien entendu, tout à fait favorables à cet effort de massification de la rénovation énergétique. C’est sa mise en place que nous dénonçons. D’une part, car les organisations professionnelles n’ont pas été consultées. D’autre part, et c’est le point qui pose problème, car les grands groupes ont réussi à capter les aides de l’État permettant de proposer ces offres à 1€ au détriment des artisans et des PME de proximité. Nos filières locales ont été totalement écartées de ce marché faute d’avoir accès aux outils nécessaires. La Capeb Moselle a donc été solliciter l’Anah départementale (Agence nationale de l’habitat) et a développé un partenariat avec l’UEM (Usine d’Électricité de Metz) afin que nos artisans et nos entreprises puissent également proposer ce reste à charge de 1 euro pour le client. Tout cela est aujourd’hui en place et nous nous attachons à faire connaitre cette offre mais il est certain que les grands groupes ont massivement investi dans la communication et le marketing. Même La Poste commercialise une solution. Tant et si bien d’ailleurs, qu’aujourd’hui, les particuliers sont un peu perdus. C’est préjudiciable pour les personnes modestes, pour l’environnement et pour les entreprises locales. Le gouvernement doit comprendre que les artisans et les PME participent activement à la vie économique et sociale des territoires.

Vous êtes président de la Capeb depuis déjà 6 ans (deux mandats). De quoi êtes-vous le plus fier, aujourd’hui ?

Lorsque j’étais élu pour la première fois, la Capeb comptait 410 membres. Nous en avons environ 850 aujourd’hui et quotidiennement des artisans et des entreprises nous rejoignent. La politique menée est donc efficiente et l’équipe Capeb, efficace.