L’avenir des employés de l’usine Ford à Sarrelouis, qui emploie un grand nombre de frontaliers, s’est encore assombri ces dernières semaines. Le comité d’entreprise vient d’annoncer aux salariés que le constructeur automobile allait encore réduire la production du Focus, le seul modèle à être assemblé sur le site sarrois, ce qui pourrait amener à un sureffectif d’environ 600 employés d’ici la fin de l’année. Même si aucune vague de licenciements n’a été annoncée, les signaux sont déjà au orange, voire au rouge, depuis un certain temps.

Depuis 2019, le site ne fonctionne plus qu’avec deux rotations au lieu de trois ce qui a déjà entraîné le départ de près de 2000 employés. Et en ce qui concerne l’avenir de l’usine à moyen ou long terme, un cruel manque de perspectives se fait ressentir. Le focus doit être assemblé en Sarre jusqu’en 2025, date à laquelle Ford arrêtera définitivement de produire ce modèle et à laquelle l’accord de maintien de l’emploi à Sarrelouis arrivera à expiration. Et aucun autre modèle n’a encore été annoncé pour la Sarre. Dans le même temps, Ford a dévoilé un investissement massif sur son site de Cologne sur lequel sera produit le premier modèle électrique du constructeur.

Ford a indiqué vouloir se lancer dans le tout électrique à l’horizon 2030. Les salariés de Sarrelouis espèrent eux aussi être chargés de l’assemblage d’un modèle électrique ou hybride ce qui indiquerait que Ford ne compte pas fermer le site. Mais avec un investissement de plus de 800 millions d’euros à Cologne, le constructeur a l’air de concentrer ses efforts en Rhénanie du Nord. Pour le moment, Ford semble jouer la carte du flou. Les pourparlers sur l’avenir du site de sarrois qui emploie à l’heure actuelle près de 5000 personnes, devraient démarrer mi 2022.