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Plus de 200 rendez-vous en trois temps vont, jusqu’en février 2021, célébrer les 800 ans de la cathédrale Saint-Etienne de Metz. « Le temps des bâtisseurs » ouvre les festivités avec, entre autres, un vidéomapping projeté sur l’édifice.

Il est venu le temps de célébrer la cathédrale ! Celle qui rayonne sur Metz fête ses 800 ans avec, premier événement majeur, la projection depuis le 21 novembre et jusqu’au 5 janvier d’un vidéomapping sur la façade occidentale de l’édifice (lire ci-dessous). C’est, littéralement, l’animation la plus visible pour permettre au grand public de participer à cet anniversaire particulier, celui d’une jolie vieille dame à qui les Messins ont donné le surnom de « lanterne du bon dieu ».

Chaque année, plus de 700 000 visiteurs convergent vers ce véritable symbole messin : symbole spirituel et politique, architectural et patrimonial, territorial et identitaire. Quinze mois de célébrations sont ainsi programmés, ponctués de trois temps forts : « le temps des bâtisseurs », depuis novembre et jusqu’en avril 2020, avec la mise en lumière et en musique de l’histoire de la cathédrale ; « le temps des artistes », de mai à septembre 2020, pour un long été créatif et participatif comprenant notamment un parcours de visite dédié au vitrail à travers toute la ville et des animations numériques ; enfin, d’octobre 2020 à février 2021, « le temps des lumières » apportera l’éclat final de ces célébrations avec, entre autres, une grande exposition consacrée à Chagall au Centre Pompidou-Metz.

Ces 800 ans constituent évidemment l’occasion d’une petite page d’histoire et d’architecture. Ainsi, le projet d’édification de la cathédrale telle que nous la connaissons remonte à l’an 1220 et s’est traduit par l’édition d’une bulle papale le 2 décembre de cette année-là : le pape Honorius III y autorisait l’évêque de Metz à lever des fonds pendant dix ans pour des travaux entraînant « de lourdes dépenses ». A l’instar de beaucoup d’autres bâtiments historiques messins, la cathédrale a été bâtie en pierre de Jaumont. Dans le monde chrétien, elle occupe également une place remarquable par ses dimensions, par l’expression de l’art gothique poussé à son plus haut niveau, par sa sculpture monumentale et par l’importance de ses verrières puisqu’elle compte 6 500 mètres carrés de vitraux – à titre de comparaison, la cathédrale de Chartres n’en compte « que » 2 600…

À événement exceptionnel, mobilisation œcuménique : une foule d’institutions ont uni leurs énergies autour de ce projet. On retrouve ainsi côte à côte l’État à travers la Préfecture de la Moselle et la Direction régionale des affaires culturelles, le Département de la Moselle et Moselle Attractivité, le diocèse de Metz, la Ville de Metz, Metz Métropole et l’agence Inspire Metz, la région Grand Est. Autour d’eux, la Cité musicale-Metz, le Centre Pompidou-Metz, le musée de la Cour d’or, le CIAV de Meisenthal apportent leur contribution, tout comme de nombreux mécènes.

En même temps que les marchés de Noël, « le temps des bâtisseurs » a donc ouvert la première séquence des célébrations : il s’agit de mettre en scène l’émergence de la cathédrale au milieu de la cité, déjà millénaire lorsque la construction débuta au XIIIe siècle, terre d’art et d’artisanat florissants. Coïncidant avec le dimanche des festivités de la Saint-Nicolas, la journée du 8 décembre marquera également le coup d’envoi de l’année jubilaire du diocèse de Metz, un rendez-vous important pour les catholiques ponctué de grandes fêtes liturgiques. Un spectacle populaire et festif ouvrira cette séquence spirituelle : Envolée céleste, par la compagnie Transe Express. Performance aérienne, visuelle et musicale sur le parvis de la cathédrale et place Jean-Paul-II, celui-ci reposera sur une grande scénographie baroque autour du carillon, créée spécialement pour l’occasion et s’inspirant des spectacles médiévaux qui animaient déjà les alentours des cathédrales. Le même soir, le public pourra découvrir la nouvelle illumination de la grande rosace utilisée sur les affiches de ces 800 ans.

Du côté de l’Arsenal et de Saint-Pierre-aux-Nonnains, les musiques sacrées seront à l’honneur du 7 au 18 décembre. Le 9 décembre, Stéphane Bern présentera son émission À la bonne heure sur RTL depuis l’Arsenal et de nombreuses visites guidées, conférences et expositions complèteront le programme dont une présentation inédite sur l’incendie de la toiture de la cathédrale, en mai 1877, et sur sa reconstruction, à l’hôtel de ville jusqu’au 10 janvier. L’événement ne serait pas complet sans la réalisation d’un objet-icône : mission confiée au bureau créatif messin Nouvelle Étiquette, qui a imaginé le photophore Lumina, fabriqué à la main par les maîtres verriers de Meisenthal. Lumineux !

Programme complet des animations sur www.800-cathedrale.metz.fr

L’histoire projetée

Un mapping sur la façade occidentale de la cathédrale Saint-Etienne à la tombée de la nuit ? C’est un peu l’été qui s’invite en automne-hiver ! À la façon de l’événement-phare du festival Constellations de Metz, mais dans un genre plus figuratif, cette projection présente l’avantage de débuter plus tôt (et pour cause) : dès 19 h. Réalisé par Laurent Langlois, la Lanterne du bon dieu raconte l’histoire de la cathédrale à travers différents tableaux et sublime son architecture. Réalisée sous la maîtrise d’œuvre du Département de la Moselle et produite par l’agence culturelle Moselle Arts vivants, cette création originale bénéficie de l’appui technique de la Ville de Metz, désormais orfèvre en la matière, et du soutien financier du programme européen Interreg. Projection de 13 minutes, du jeudi au dimanche inclus, à 19h, 19h 30, 20 h, 20h 30 et 21h, sauf le 7 décembre (à 19h et 19h 30) et le 8 décembre (pas de représentation en raison du spectacle Envolée céleste). Gratuit.