18ème Salon du Livre d’Histoire de Woippy
les 20 & 21 novembre 2021


Les débuts de la IIIème République

« L’armée est vaincue et captive, moi-même je suis prisonnier », écrit Napoléon à l’impératrice Eugénie, alors qu’il est à Sedan. Le 2 septembre 1870, les armées françaises sont battues par les armées prussiennes. Ce moment d’histoire sonne le glas du Second Empire. Le 4 septembre, Gambetta proclame la République, la IIIe République, au nom du peuple. Les députés républicains de Paris parmi lesquels Léon Gambetta, Jules Favre, Jules Ferry et Jules Simon forment alors un gouvernement de Défense nationale, présidé par le général Trochu. L’objectif est de poursuivre la guerre. Mais la France subit de nouvelles défaites et revers. Le gouvernement s’incline et signe un armistice avec Bismarck, le 28 janvier 1871. Paris est alors une poudrière et la population, affamée. Les tensions s’exacerbent. Le 18 mars de la même année, le peuple de Paris se soulève contre le gouvernement dirigé par Adolphe Thiers, et ses décisions. C’est la Commune de Paris. Elle dure 72 jours. La répression est terrible. La procédure visant à former les fondements de la IIIe République continue néanmoins d’avancer, jusqu’en 1875. Les élections législatives de 1876 marquent la première victoire républicaine au suffrage universel. La IIIe République s’installe alors durablement et ce, jusqu’au 10 juillet 1940. Pourtant, les valeurs républicaines qui se sont alors imposées, dans la douleur, sont aujourd’hui toujours d’actualité. 

 


Charles Bonaparte, parrain du 18ème Salon du Livre d’Histoire de Woippy

Charles Bonaparte parrain salon du livre d'Histoire Woippy

© DR

Charles Bonaparte qui est l’auteur de nombreux ouvrages dont une majorité est consacrée à son illustre famille, donnera une conférence intitulée La liberté Bonaparte, le samedi 20 novembre, à 15 heures. La liberté Bonaparte, c’est également le titre de son dernier ouvrage paru chez Grasset, en mars dernier. Dans ce livre, Charles Bonaparte, né Charles Napoléon, en 1950, raconte son goût de la liberté, explique comment et pourquoi il a changé de nom et renoncé à toute prétention dynastique, lui qui est le descendant direct de Jérôme Bonaparte, le plus jeune frère de Napoléon Ier. « Très tôt, je me suis écarté de la voie à laquelle me destinaient naissance et éducation. Je pensais être une exception, mais j’ai découvert que beaucoup de Bonaparte avaient connu le même goût pour la liberté », confie-t-il dans son livre. Charles Bonaparte y évoque aussi de passionnants souvenirs personnels de fils d’une famille princière qui a fait le choix de s’épanouir dans le monde des affaires et l’engagement politique au Parti socialiste puis au Modem. Docteur en Sciences Économiques, Charles Bonaparte s’est investi au sein de la Délégation à l’Aménagement du Territoire avant de diriger les activités d’affaires d’une grande banque, puis de créer sa propre société de conseil. Il a été élu à Ajaccio puis à Nemours. Avec La liberté Bonaparte, il dresse également un inventaire subjectif et très politique de l’héritage napoléonien, le meilleur, celui des Bonaparte libéraux, tels Marie Bonaparte ou Lucien, « Plon-Plon », son ancêtre, cousin germain de Napoléon III. Le 2 septembre 1870, l’empereur Napoléon III, capturé par les Prussiens, capitule à Sedan. Deux jours plus tard, la République est proclamée. Les débuts de la IIIème République : De la ‘République des ducs’ à la ‘République des Républicains’, c’est l’intitulé de la table ronde à laquelle participe également Charles Bonaparte en compagnie de l’historien Michel Seelig et de Marc Bojic, président de la Société d’Histoire de Woippy, dimanche 21 novembre à 16 heures. Le débat sera animé par Chantal de la Touanne.

 


Louise l’insoumise

Louise Michel Salon livre d'Histoire Woippy

© Illustration : Philippe Lorin

Louise Michel (1830-1905) est une figure historique célèbre. Elle a donné son nom à de nombreuses rues et écoles, et elle a même été proposée pour entrer au Panthéon. Mais comment cette institutrice, femme de lettre, militante anarchiste et féministe, née dans le Grand Est, s’est-elle imposée comme une figure majeure de la Commune de Paris et au-delà comme une image de lutte et de révolte, admirée comme une icône de femme libre ? Comment cette propagandiste anarchiste, déportée et emprisonnée par les gouvernements de la IIIe République, a-t-elle pu intégrer la mémoire collective nationale ? Sidonie Verhaeghe, politiste, maîtresse de conférences à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS (Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales), spécialiste de l’histoire sociale des idées politiques au XIXe siècle et de la mémoire des gauches en France, a enquêté. Pour ce faire, elle s’est intéressée à l’aura de Louise Michel de son vivant. L’auteure met ainsi en lumière la diversité de son réseau militant, son omniprésence dans les conférences et les banquets révolutionnaires, la multitude d’articles de presse dont elle est l’objet dans les journaux de tous les bords politiques. Elle est alors une « incarnation des luttes ouvrières, des combats pour l’émancipation collective et de la révolution sociale ». Une popularité qui attise bien évidemment les attaques de ses opposants politiques, hostiles aux idées qu’elle porte. Sidonie Verhaeghe s’est aussi penchée sur l’après 1905, pour comprendre comment et pourquoi Louise Michel, femme exceptionnelle à bien des égards, passe alors à la postérité. Vive Louise Michel (Editions du Croquant), c’est le titre du livre que Sidonie Verhaeghe a récemment publié à l’issue de ses travaux de recherche dans lesquels s’enracine la très attendue conférence Samedi 20 novembre à 16h30 intitulée Célébrité et postérité d’une figure de la Commune : Louise Michel.

 


Jean Macé, acteur de l’éducation populaire

Jean Macé Salon Livre d'histoire Woippy

© DR

Jean Macé (1815-1894) a été journaliste, pédagogue, enseignant, homme politique. Il est aussi et surtout le fondateur de la Ligue de l’Enseignement en 1866. Acteur de l’éducation populaire, il agit pour une école laïque, ouverte à tous, y compris aux filles. En Alsace, dans les années 1850, il a notamment été « professeur des demoiselles » dans un pensionnat, période durant laquelle il expérimente des pédagogies innovantes pour l’époque. L’influence de Jean Macé et les initiatives portées par la Ligue ont joué un rôle important dans l’adoption des grandes lois scolaires des années 1880 qui aboutiront à la création de l’école de la République. Ce personnage qui a fait de l’éducation populaire le combat de sa vie, Michel Seelig le connait bien pour lui avoir consacré de nombreux écrits et recherches.  Historien de formation à l’Université de Metz, Michel Seelig a exercé plusieurs activités professionnelles. Il a été chef d’entreprise et professeur associé à l’Université Paul Verlaine. Il a aussi assumé de nombreuses responsabilités associatives, avec, notamment, la présidence du Cercle Jean Macé. Président du Conseil de l’IUT de Metz, il a mené de multiples recherches historiques sur différentes facettes de l’histoire locale et régionale : l’histoire des Caisses d’épargne (en particulier celle de Metz), la franc-maçonnerie en Lorraine, l’enseignement supérieur à Metz au XIXe siècle… Michel Seelig est également l’auteur de Vous avez dit Concordat ?  (L’Harmattan, en 2015) et de César et Dieu, deux millénaires de relations entre cultes et pouvoirs (L’Harmattan, en 2018). 

 

Dimanche 21 novembre à 14h30
Conférence intitulée Jean Macé, la ligue de l’enseignement et les lois scolaires
par Michel Seelig

 


Dialogue aux enfers

Montesquieu

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Montesquieu et Machiavel. Les démons de la politique est l’adaptation d’un pamphlet écrit par Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel & Montesquieu, paru en 1864, à Bruxelles, chez A. Mertens et fils. Avocat, Maurice Joly partageait non seulement la révolte de Victor Hugo devant le coup d’État de Napoléon III, mais il voyait aussi dans la manipulation des milieux d’affaires, de la presse et de la population par le nouvel Empereur un grave risque de servitude morale pour la totalité du peuple français.

Machiavel

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« Ce livre a des traits qui peuvent s’appliquer à tous les gouvernements, mais il a un but plus précis : il personnifie en particulier un système politique qui n’a pas varié un seul jour dans ses applications, depuis la date néfaste et déjà trop lointaine, hélas ! de son intronisation », écrit l’auteur en guise de « Simple avertissement » dans cet ouvrage signé « Par un contemporain ». Une discrétion qui ne lui suffira pas à échapper à l’ire du pouvoir. Accusé « d’excitation à la haine et au mépris du gouvernement », l’auteur passera 15 mois en prison. Le comédien, auteur et metteur en scène Philippe Voivenel et Marc Bojic qui préside la Société d’Histoire de Woippy, ont conjugué leurs talents pour monter « ce dialogue » sur scène. Si le propos est riche en substances, les auteurs ont fait le choix d’une mise en scène dynamique et riche en « effets de scène ». Ce spectacle qui dure environ 1h30, s’adresse à tous les publics.

Adaptation par Philippe Voivenel et Marc Bojic du pamphlet de Maurice Joly Dialogue aux enfers (1864)
Montesquieu et Machiavel : les démons de la Politique
avec Philippe Voivenel et Marie-Lou Bistocchi.

Samedi 20 novembre à 20h30 / Espace Conférences – Salle Saint-Exupéry

La représentation sera suivie d’un débat animé par Patrick Scharf, journaliste et animateur et Marc Bojic, président de la Société d’Histoire de Woippy autour de questions liées aux enjeux des libertés politiques et individuelles mais aussi liées à la vérité et au devenir des valeurs universalistes à l’heure de la prolifération des sites complotistes et de la diffusion d’idéologies identitaires et anti-Lumières.

 


Prix du Livre d’Histoire

En 2019, Christine Le Bozec a été la lauréate du Prix du Livre d’Histoire de la Ville de Woippy pour son ouvrage : Les femmes et la Révolution 1770-1830 paru aux éditions Passés Composés. Cette année, le jury présidé par Madeleine Thoen, composé de la Société d’Histoire et de personnalités du monde culturel, décernera le Prix du Livre d’Histoire 2021 à l’un des six ouvrages suivants :

L’affaire Baudelaire 1857-1949 de Rémy Bijaoui (Éditions Imago)

– Louise Michel. La Commune – Préface de Sidonie Verhaeghe (Éditions du détour)

– L’exécution du Roi : 21 janvier 1793 de Jean-Clément Martin (Éditions Perrin)

– Laure Moulin. Résistante et sœur de héros, de Thomas Rabino (Editions Perrin)

– Histoire de l’Alimentation. De la préhistoire à nos jours,

ouvrage collectif sous la direction de Florent Quellier  (Éd. Belin)

– Les douze morts de Napoléon de David Chanterrane (Éd. Passés Composés)

18ème Salon du Livre d'Histoire de Woippy

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La remise du prix est programmée le samedi 20 novembre à 11h30
en salle Saint-Exupéry à Woippy.

 


Expositions

 

  • La Commune et la caricature

Le 18 mars 1871, éclate la Commune à Paris. D’autres insurrections suivent en province. La caricature, cette « arme des désarmés« , expression de l’écrivain et insurgé Jules Vallès, accompagne le tumulte révolutionnaire. L’exposition revient sur le contexte dans lequel sont parues ces caricatures, sur leur rôle, leur résonance, mais également sur la guerre des images que se mènent alors Versaillais et Communards.

  • La presse en liberté

Après des siècles de censure et de courtes périodes de liberté, la loi du 29 juillet 1881 sur la Liberté de la presse entérine une nouvelle aire pour le monde de l’édition et des journaux en France. L’exposition, richement illustrée de documents d’époque, évoque l’histoire de la censure, les débats qui ont précédé le vote de la loi, ses conséquences sur la liberté d’expression, et également comment, au fil des crises politiques et des évolutions sociétales, la loi a été peu à peu aménagée. Avant d’être visibles à l’occasion du 18ème Salon du Livre d’Histoire les samedi 20 et dimanche 21 novembre, ces deux expositions seront accessibles au public dans le péristyle de l’hôtel de ville jusqu’au 17 novembre aux horaires d’ouverture de la mairie.

  • Cartes postales de Jean-Claude Berrar, membre de la Société d’Histoire de Woippy

– Les vieux métiers : découverte des métiers disparus ou modifiés

– Les frontaliers de 1871 : Une partie de la Moselle, de la Meurthe, des Vosges et de l’Alsace